[TEST - GAMEPLAY] A Plague Tale : Innocence sur PS5 !

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La fraternité est un lien puissant. Malgré l'adversité, les dangers, ce simple lien du sang peut nourrir le plus grand des courages. C'est en tout cas ce que tend à montrer Asobo Studio en nous faisant jouer deux enfants au sein d'une France moyenâgeuse en proie aux assauts de l'Inquisition et des rats porteurs de maladie. C'est sous ce voile noir qu'A Plague Tale : Innocence mène par la main le joueur, le plongeant progressivement dans un enfer invraisemblable.

 

 

Il était une fois...

Armée de sa fronde et s'enfonçant dans la forêt, Amicia traque un sanglier repéré plus tôt par son chien. La chasse n'a plus rien de drôle lorsqu'elle aperçoit plus loin sa proie en lambeaux. Quelques pas après, c'est son ami velu qu'elle retrouve allongé, chouinant dans la boue pendant que la terre l'avale.


Apeurée, Amicia retourne chez elle à toute allure, mais la maison est en quelques instants prise d'assaut et envahie par l'Inquisition qui taillade sans merci les domestiques. Sa mère lui ordonne de protéger Hugo, son petit frère, et de l'aider à sortir vivant de ce cauchemar. La discrétion est leur seule amie pour s'évader du domaine maculé du sang des innocents.


Dès les premières minutes, A Plague Tale : Innocence ne fait pas semblant, surrenchérit le malaise à chaque pas grâce à une composition visuelle plus que convaincante, si ce n'est pour dire magnifique, ainsi que des musiques fortes, oppressantes, collant parfaitement à l'atmosphère du titre. Ces sensations ne disparaissent pas durant toute la mésaventure du duo quasi inséparable, si ce n'est à quelques moments de répits bien mérités pour Amicia et ses amis.

 


Pour ne rien arranger à la situation, Hugo perd parfois ses forces en route.

 

Les premiers pas

L'histoire prend relativement son temps pour nous présenter chaque aspect de son univers. Les stars du jeu, à savoir les rats, n'arrivent pas dès le début du jeu mais s'immiscent avec fracas dans le scénario pour créer une surprise bienvenue.
 

Les mécaniques de jeu sont pour le moins intéressantes : il faut savoir se cacher, guider les gardes par le bruit (sachant que la fronde de la jeune fille est loin d'être silencieuse à l'utilisation) et gérer les hordes de rats pour ne pas leur servir d'appétissant quatre-heures. Comment les mettre hors d'atteinte de la petite fratrie ? Il suffit de jouer avec le feu pour éloigner les bestioles, celles-ci craignant la lumière qui leur est mortelle.


De nombreux composants jonchent les environnements du jeu, permettant d'améliorer l'équipement d'Amicia (portée de la fronde, nombre de munitions, etc.) et de fabriquer efficacement sur le terrain des mixtures alchimiques aux multiples effets. La première concoction de la demoiselle, répondant au nom d'Ignifer, sert à allumer les torches et les brasiers sur son chemin. De nouvelles potions se débloquent au fur et à mesure de l'avancée du joueur dans l'histoire et permettent de progresser plus sereinement au sein d'environnements sous le joug du danger.

 

Dompter la lumière peut ravager des vies comme en sauver.


En appuyant sur haut, les alliés peuvent effectuer quelques interactions spécifiques : Hugo se faufile dans des passages exiguës pour libérer un nouvel accès à son aînée, Mélie crochete les serrures pour une approche plus discrète... Mais s'il faut ouvrir une porte, c'est que la suite se situe juste derrière elle, ce qui n'engage pas le joueur à explorer les quelques rares zones ouvertes du jeu, les alliés étant toujours inutiles dans ces rares moments. Il ne faut pas s'attendre à pouvoir composer son équipe pour un cheminement différent, et c'est exactement sur cet aspect que le jeu pêche...


Peste !

A Plague Tale : Innocence cherchant à tout prix à nous titiller émotionnellement avec des scènes tantôt macabres, tantôt touchantes, le gameplay en prend un coup. Le jeu s'avère être très linéaire au point de ne proposer qu'un panel étroit de possibilités, réduisant radicalement son aspect "infiltration". Certaines zones sont certes plus ouvertes, mais ne proposent qu'un lot de cachettes et de matériaux différents. Quelques objets dispensables à collecter sont également de la partie, dispersés au quatre coins des chapitres pour compléter le Codex.

 

Bien que totalement facultatif, il est bon de souligner le travail de recherches effectué par Asobo Studio pour le Codex (alchimie, fleurs, outils, etc.).

 

Pour continuer sur cette mauvaise lancée, les gardes effectuent sans cesse les mêmes rondes et retournent à leur poste tranquillement après avoir été distrait par un bruit suspect préalablement provoqué par Amicia. Trouver une ouverture dans les tours de garde n'est jamais difficile puisqu'Hugo et Amicia peuvent passer sous les yeux d'un soldat sans grand soucis malgré les déplacements lourds des deux frangins. Si l'alarme sonne, il suffit de s'éloigner et de se baisser derrière un tonnelet vide pour redevenir presque aussitôt invisible. Il faut tout de même faire attention, certains ennemis disposent d'arc ou de javelot : un projectile heurte la fille ou l'un de ses compagnons, et c'est le game over assuré. Heureusement, les checkpoints sont fréquents, la seule punition qu'ils infligent étant de refaire intégralement des "puzzles" (pousser un brasier, abaisser des leviers dans le bon ordre, etc.).

 

Les énigmes sont pour la plupart assistées : l'un des enfants va forcément s'exclamer et indiquer la marche à prendre. De plus, certains scripts ne s'activent pas toujours et bloquent le joueur : plus aucune interaction possible, ni de réaction de la part de l'I.A. L'énigme tombe à l'eau suite à ça, et on ne peut plus rien faire à part recommencer. Frustrant.

 

En passant au bon moment, les rats ne vous dévorent pas... Arrêtez-vous un instant et c'est la fin.

 

Générosité dans l'adversité

Malgré ces quelques soucis, A Plague Tale : Innocence se fait pardonner en nous présentant des phases de jeu variées, ainsi qu'une histoire relativement fascinante. Quelques maladresses scénaristiques ponctuent le titre d'Asobo Studio, comme les événements finaux qui se précipitent avec notamment deux ellipses temporelles plutôt importantes qui se succèdent, mais ces maladresses s'effacent inconsciemment de l'esprit du joueur lorsque celui assiste à des scènes sortant de l'ordinaire. La guerre est présente mais quasi invisible, on n'en voit que les restes : des ruines fumantes qui fournissent de nouvelles cachettes et des corps chauds qui servent toutes les nuits de pâtures aux rats.


Les rats sont d'ailleurs capables de prouesses surréalistes en montant les uns sur les autres, mais contredisent les capacités naturelles des rongeurs en ne sachant ni passer des obstacles trop hauts telles des marches d'escaliers, ni nager. De même pour la poignée de boss fantaisistes qui demandent un peu de jugeotte pour être terrassés — mention spéciale à l'avant-dernier d'entre eux qui terrifie par sa prestance.

 

Amicia et Hugo traversent parfois des cadres extravagants.

 

 

Les phases de poursuites arrivent elles aussi à mettre la pression malgré leur côté très dirigiste, la musique y jouant un rôle majeur en modelant le stress du joueur avec les percussions et des crescendi maîtrisés.


Bien sûr, l'atmosphère et l'ambiance du titre tirent leur épingle de la direction artistique globale du jeu et de ses graphismes somptueux : les modèles sont magnifiques, les textures propres, les lumières réussies et adaptées pour la HDR, les effets flous très bien utilisés pour la profondeur de champ... Tous ces éléments réunis donnent un véritable cachet visuel à A Plague Tale : Innocence. Petit bémol : les animations, notamment faciales, qui sont souvent rigides. Les personnages semblent inexpressifs la plupart du temps et ne rendent pas honneur au doublage français d'excellente facture.

 

Les cinématiques sont en temps réel et permettent d'apprécier d'autant plus le travail apporté aux graphismes.

 

En nous emmenant sur des sentiers rarement visités et non sans danger, A Plague Tale : Innocence garde précieusement notre main et nous offre un peu de chaleur humaine dans ce qui peut sembler être un cauchemar. Loin d'être sans défaut, il ne nous lâche pas et dépose doucement sa marque dans nos cœurs. Une expérience unique, pour le meilleur et pour le pire, puisque chaque joueur participera finalement de la même manière à la grande mésaventure des de Rune face au Fléau du siècle.


Sachez que si vous êtes curieux de voir le jeu en action, nous vous avons mis notre vidéo "découverte" ci-dessous :
 



 

phylactère

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