[REVIEW] World II : Hunting Boss – Un jeu console heureusement obscur..!

avatar Greed Lavare

Rédigé par - le



Les vacances d'été touchent à leur fin, la chaleur frappe villes et villages et à l'occasion d'un ennui profond, cachés dans l'ombre de nos maisons, on se retrouve à brancher consoles et PC pour faire passer le temps. Alors que la ludothèque se vide au fur et à mesure et que son intérêt s'assèche, les yeux du joueur en manque d'expériences originales se rivent sur les boutiques en ligne, faute de pouvoir aller dehors, et cherchent les œuvres qui pourraient potentiellement lui plaire et le marquer à vie, mais aussi des jeux discrets et sans prétention qui n'épuiseront pas son porte-monnaie. Aujourd'hui, c'est sur l'un d'entre eux que nous allons nous pencher : un boss rush à 1,99€ sur Steam et à 2,99€ sur Xbox One et Xbox Series dont le nom est partagé entre The World 2 : Hunting BOSS dans la description du produit, The World II sur sa jaquette, The World II : Empire in the Storm dans sa seule bande-annonce et World II : Hunting Boss sur l'écran de démarrage... Serait-ce là le signe avant-coureur d'une expérience méchamment affligeante ?

 

 

World II : Hunting Boss a premièrement été publié par Good Games sur PC en novembre 2014, puis par Game Dreamer Limited sur appareils Android en décembre 2015, et enfin par E-Home Entertainment Development Company Ltd. sur Xbox One en novembre 2017. Il semble donc important de noter que la rédaction a testé la dernière version du jeu sur Xbox One S.

 

 

 

 

Premier contact

 

 

Soyons clairs, le titre de E-Home ne propose aucune introduction cinématique, aucune histoire à suivre, ni aucun tutoriel à compléter : vous commencez le jeu en sélectionnant un personnage à incarner parmi trois guerriers (dont vous ignorerez tout jusqu'à la fin du jeu, hormis leur apparence et leurs attaques uniques), avant d'être directement amené à vaincre votre premier boss !

 

Passée la vidéo en temps réel présentant une arène mal texturée et la créature à occire pauvrement modélisée, le combat commence. Dès lors, la rétine du joueur est accueillie par une caméra fixée sur le boss, des animations hachées, voire ratées (le monstre géant glisse sur le sol !), des ralentissements parfois sévères, une latence dans les inputs effectués et une certaine absence d'impact visuel dans la mêlée (et ce, malgré des éléments du décor qui sont destructibles). Puis, le manque d'intensité du combat panique sa motivation : la barre de vie de l'ennemi, dont les patterns se répètent rapidement, est longue à faire descendre, les coups du héros sont limités à quatre (une attaque basique et trois compétences uniques) et la routine "attaque, esquive" est trop vite installée.

 

L'interface fait penser à celles que l'on voit dans la plupart des jeux mobiles, et pour cause, World II : Hunting Boss a déjà été adapté sur appareils Android. Voici donc la preuve que ce portage sur console de salon n'a pas été repensé un seul instant pour son nouveau support, apportant son lot de désastres inévitables...

 

Une fois la bête terrassée, aucune cinématique de victoire ne vient accompagner le premier exploit du joueur : le personnage gagne des points d'expérience et des niveaux, puis une note apparaît — c'est tout. S'ensuit naturellement l'envie d'en voir davantage afin de laisser une chance au jeu, mais la déception frappe encore puisque le second boss débloqué doit être combattu de la même manière que le premier dans une rixe tout aussi brouillonne... La situation recommence sans cesse, les missions s'enchaînent, des adversaires déjà affrontés reviennent dans leurs arènes respectives, les jauges de santé augmentent drastiquement et le fun ne semble pas être autorisé à s'immiscer dans ces luttes de plus en plus longues et pénibles.

 

Pour accéder au prochain boss ou sélectionner une ancienne mission, il faut passer par le menu principal. Pour l'anecdote, les images de monstre illustrant les chapitres sélectionnés sont les mêmes que celles utilisées sur la fiche de produit des boutiques en ligne — les seules "captures d'écran" "présentant" le jeu...

 

 

 

Gagner en rang ou rien (littéralement) !

 

 

L'arrivée de deux alliés en cours de jeu, qui sont en réalité les deux autres personnages que le joueur aurait pu choisir en début de partie, n'apporte rien de plus au gameplay, sinon de comprendre que l'intelligence artificielle suit parfaitement la logique du jeu : avancer et frapper sans réfléchir. Mais bien sûr, c'est sans compter ses fréquentes absences qui empêchent brusquement alliés comme ennemis d'agir, compliquant naturellement certains combats déjà trop longs. Pourtant, les missions sont chronométrées, mais le stress du temps limité n'arrive que lorsque la partie est littéralement perdue d'avance, c'est-à-dire quand un ennemi possède encore plusieurs barres de vie et que tous les alliés sont K.O. à cause de leur incapacité à se défendre et de l'impossibilité d'attirer l'attention du boss afin de préserver la santé de ses compagnons.

 

Si cette difficulté absurde peut être palliée en faisant prendre des niveaux à ses personnages, la nature même du jeu ne permet pas de s'amuser en achevant encore et encore des missions déjà effectuées : vaincre en boucle les mêmes boss dans le seul but de devenir assez fort pour promptement éliminer de nouveau ces mêmes boss plus endurants n'est pas distrayant. D'autant plus que la caméra se place parfois derrière des obstacles, rendant l'action plus illisible qu'elle ne l'est déjà, que les coups ne touchent pas toujours, que le personnage contrôlé frappe parfois dans le vent car il ne se tourne pas automatiquement vers les ennemis — les mêmes qu'il verrouille pourtant obligatoirement et qui s'abritent de temps à autre derrière des murs invisibles infranchissables pour le joueur (et seulement pour lui)...

 Il aurait été certainement mieux de miser sur l'endurance et les capacités du joueur plutôt que sur les caractéristiques de ses personnages pour créer un minimum d'addiction.

 

Malgré la déplaisance des épreuves traversées, les seules récompenses du joueur sont le gain d'expérience et une note de mission, une évaluation qui n'est d'ailleurs basée que sur le temps passé à combattre et non pas sur ses compétences qui lui ont valu sa survie et celle de ses camarades virtuels.

 

Avec l'absence d'un tableau des scores en ligne, le système de notation n'a comme seul intérêt que celui de remporter des succès. Les chasseurs de trophées devraient d'ailleurs être ravis de rajouter World II : Hunting Boss à leur liste puisqu'il n'est pas obligatoire de compléter le jeu à 100% pour obtenir la totalité des succès, les empêchant ainsi de s'ennuyer ferme dans leur quête et de ne pas passer plus de trois heures à jouer, même si certains succès ne se débloquent pas du premier coup, les forçant à compléter une seconde fois les conditions d'obtention...

 

Il est possible d'alterner entre trois caméras : la caméra de base, une se focalisant sur le boss et une vue aérienne. Changer de type de caméra ne sert presque jamais, excepté lors d'un affrontement spécial contre trois êtres humanoïdes : puisqu'il est impossible de choisir sa cible et que le verrouillage est systématique, la vue aérienne est logiquement la plus appropriée afin de comprendre au mieux l'anarchie du champ de bataille.

 


 

Jouabilité                08

Si les mécaniques de jeu sont rapidement assimilées grâce à leur simplicité, les bugs de caméra, d'I.A., de collisions, les ralentissements impactant les contrôles déjà imprécis du personnage, la répétitivité des situations et le manque d'impact dans les combats annulent satisfaction et plaisir en un instant.

Graphismes                07

Les environnements, dont la destruction n'apporte aucune joie, sont grossièrement texturés, et les modèles 3D sont pour la plupart taillés à la serpe. La majorité des animations sont ratées, voire buguées, à l'exception d'un boss plus cartoonesque dont le faciès est expressif et les mouvements plutôt agréables à l'œil. On croise les mêmes décors et ennemis ad vitam aeternam et les ralentissements perturbent la fluidité de l'action qui est difficile à suivre du regard à cause d'effets visuels dépassés et envahissants, ainsi que d'une caméra fixe assez mal placée ! Sans être magnifique, l'interface de jeu est lisible, alors que le menu principal, lisible lui aussi, semble venir d'une autre époque.

Bande Son                07

Des bruitages passables et des musiques sobres et discrètes gâchés par un mauvais mixage audio et d'horribles coupures provoquées par le framerate instable — un enfer pour les tympans...

Duréé de vie                05

Trente missions où l'on ne fait que combattre huit boss en boucle... L'ennui s'installe rapidement à cause du trop maigre contenu du jeu, des imperfections dans le gameplay et des prises de niveau obligatoires. Le manque de récompense et l'absence d'un leaderboard brisent la motivation du joueur acharné à vouloir poursuivre sa chasse aux monstres géants.

Scénario               /


 

Les + :

  • Gameplay rapide à assimiler...

Les - :

  • ... mais répétitif et lassant

  • Framerate instable

  • Bugs sonores

  • Input lag et imprécisions dans les contrôles

  • Caméra imparfaite

  • Manque d'impact dans les combats

  • Intelligence artificielle à la ramasse

  • Direction artistique peu inspirée

  • Contenu pauvre et recyclé à l'extrême

  • Visuellement daté

  • Jamais gratifiant

 

Conclusion

Même si les origines douteuses de World II : Hunting Boss indiquaient d'avance qu'il ne serait pas parfait, on ne peut qu'être pantois devant tant de défauts. Le titre de E-Home est sans aucun doute mal optimisé et mal pensé : c'est un mauvais boss rush, en plus d'être un mauvais jeu. Même pour moins de trois euros, on se sent arnaqué et peu respecté... Un jeu à éviter à tout prix.

 

Note générale                06

 

Galerie d'images

phylactère

Commentaires (0)

Connectez-vous sur le forum pour commenter cette news.




page de journal

L'actu du moment




coeur

L'article a reçu 3 FUN

Vous n'avez pas encore funé l'article !

ConsoleFun vous donne la possibilité de funer vos articles favoris en cliquant sur le coeur ci-dessus.

logo tipeee icone de citation

Pour vous proposer toujours plus de contenu et de diversité, le staff de ConsoleFun met tout en oeuvre pour combler la moindre de vos attentes. Seulement, on est un peu à sec en ce moment et la science ne nous a pas encore permis de nous démultiplier (les goujats). C'est pourquoi nous recherchons activement des personnes motivées pour participer à cet ambitieux projet ConsoleFun : rédaction de news, de tests, réalisations de vidéos ou encore modérateur, il y en a pour tous les goûts !

Nous rejoindre !
logo tipeee Information

Depuis sa création en 2009, ConsoleFun ne cesse d'évoluer pour vous proposer toujours plus de nouvelles fonctionnalités. Autour d'une même passion, le jeu vidéo, le staff et la communauté du site partagent dans la bonne humeur et l'envie de progresser ensemble. En soutenant ConsoleFun à l'aide d'un don, vous nous permettez de poursuivre l'aventure qui, nous l'espérons, atteindra des sommets !

Faire un don
×

Change header

Upload
To crop this image, drag a region below and then click "Save Image"
Uploading