Près de huit ans après la sortie initiale de Dragon Quest XI, Square Enix remet l'un de ses JRPG les plus populaires sur le devant de la scène avec Dragon Quest XI S : Les Combattants de la destinée – Édition ultime, désormais disponible sur Nintendo Switch 2.
Cette nouvelle intègre : aventure en 3D, présentation rétro en 2D, scénarios supplémentaires consacrés aux compagnons, doublages anglais et japonais, bande-son orchestrale, mode Photo ou encore contenu de Chronopolis (une zone rétro permettant de revisiter des univers inspirés des précédents épisodes de la série). La Switch 2 y ajoute surtout une réalisation adaptée à la nouvelle machine et le choix entre un mode privilégiant les graphismes et un autre privilégiant les performances.
Pour ce test-live, Titiboy s'est donc replongé dans le périple de l'Éclairé, en alternant entre les différentes présentations proposées par le jeu.
*Test-live en mode paysage (pour PC & TV) :
*Test-live en mode portrait (pour mobiles...) :
Dragon Quest XI S raconte le destin d'un jeune homme élevé dans le paisible village de Caubaltin. Lors de son passage à l'âge adulte, notre héros apprend qu'il est la réincarnation de l'Éclairé, personnage légendaire destiné à accomplir une mission particulièrement importante. Il quitte alors son village natal et son amie d'enfance Gemma afin de rejoindre Héliodor et d'obtenir des réponses sur son véritable destin.
Le scénario prend rapidement une direction beaucoup moins prévisible qu'il n'y paraît. Sans entrer dans les spoilers, la rencontre avec le souverain d'Héliodor constitue notamment l'un des premiers grands bouleversements de l'aventure et donne une véritable impulsion au récit. Sous ses couleurs chatoyantes et ses personnages immédiatement reconnaissables, Dragon Quest XI S possède une histoire capable de réserver de véritables retournements de situation.
La patte de Akira Toriyama reste naturellement omniprésente. Personnages, créatures et monstres profitent d'un style immédiatement identifiable, tandis que les environnements colorés donnent à Elréa une véritable personnalité.
Le travail sonore participe lui aussi fortement à l'expérience avec les compositions de Koichi Sugiyama, proposées dans leur déclinaison orchestrale. Les joueurs peuvent par ailleurs choisir entre les doublages anglais et japonais, les textes restant intégralement disponibles en français.
Dans son fonctionnement, Dragon Quest XI S reste fidèle aux fondamentaux historiques du JRPG.
L'exploration permet de traverser villes, villages, plaines, grottes et donjons, de discuter avec de nombreux PNJ, d'accepter des quêtes secondaires, de récupérer des objets et de faire progresser progressivement son équipe.
Les affrontements reposent sur un système au tour par tour particulièrement accessible. Chaque montée de niveau améliore différentes caractéristiques comme les PV, les PM, la force, la vitalité, l'agilité ou les statistiques magiques. L'équipement, les objets et les différentes compétences viennent ensuite enrichir cette progression. Le jeu ne cherche pas à révolutionner ce fonctionnement. Il préfère proposer une formule traditionnelle particulièrement maîtrisée et progressivement enrichie au fil de l'aventure.
En mode 3D, les monstres sont visibles directement dans les environnements. Il est donc possible de choisir de les affronter ou, dans certaines situations, de poursuivre son chemin. Les églises occupent toujours une place importante dans la progression. Elles permettent notamment de sauvegarder, de ressusciter des équipiers vaincus, de soigner certains états ou encore de connaître le nombre de points d'expérience nécessaires pour atteindre le niveau suivant.
Les déplacements deviennent également plus rapides grâce aux chevaux. Une fois en selle, il est possible de parcourir plus efficacement les grandes zones et de rappeler sa monture grâce aux cloches disséminées dans le monde. La liberté de mouvement reste néanmoins plus traditionnelle que dans certains RPG modernes. Le héros peut sauter, mais il n'est pas possible d'escalader librement les bâtiments ou les reliefs. Il faut généralement emprunter le chemin prévu pour atteindre un coffre ou une zone située en hauteur.
L'une des particularités les plus intéressantes de Dragon Quest XI S reste la possibilité de parcourir l'aventure en 3D ou dans une représentation 2D rétro. Et la différence ne se limite pas à un simple filtre graphique. En 3D, le jeu adopte une présentation moderne avec des environnements largement ouverts, une caméra mobile, des séquences mises en scène et des ennemis directement visibles sur le terrain. La 2D transforme complètement l'expérience.
On retrouve alors une esthétique proche des grands JRPG de l'époque 16 bits, avec sprites, décors en pixel art et combats présentés à l'ancienne. Les rencontres avec les monstres deviennent également aléatoires. Contrairement à la 3D, il n'est donc plus possible de simplement contourner un adversaire que l'on aperçoit sur la carte. Le résultat possède beaucoup de charme et constitue presque une seconde façon de découvrir l'aventure. Les costumes sélectionnés restent même représentés lorsque l'on passe dans cette présentation rétro.
Nous regrettons toutefois que le changement entre les deux modes ne soit pas instantané. Il faut passer par certains points précis et le jeu repositionne alors la progression au début d'une portion scénaristique prédéfinie. Les niveaux, objets et équipements acquis sont conservés, mais il peut être nécessaire de rejouer une partie de l'aventure déjà parcourue. Lors de notre test-live, ce fonctionnement nous a d'ailleurs initialement laissé penser que notre sauvegarde n'avait pas correctement été prise en compte. Un véritable basculement immédiat entre 2D et 3D aurait été beaucoup plus intuitif.
À cela s'ajoute Chronopolis, contenu hérité de l'Édition ultime qui permet notamment de revisiter en 2D des lieux inspirés des précédents épisodes de la série et constitue un véritable hommage à l'histoire de Dragon Quest.
Le contenu supplémentaire ne s'arrête pas au changement de représentation. Plusieurs scénarios mettent davantage en avant les compagnons de l'Éclairé et permettent de mieux connaître certains personnages de l'équipe. Le mode Photo permet quant à lui d'immortaliser les paysages et les protagonistes en choisissant son cadrage, en modifiant la position de certains personnages ou en leur demandant de prendre différentes poses. Il fonctionne également à cheval et trouve naturellement son intérêt grâce aux nombreux panoramas proposés par le jeu.
Différents ensembles et objets bonus sont par ailleurs proposés, notamment l'ensemble de Trodain, l'ensemble de marcassin ou encore l'ensemble de l'aventurier heureux. L'ensemble représente donc une quantité de contenu particulièrement importante.
Ceux qui ont déjà terminé Dragon Quest XI S sur une autre machine retrouveront toutefois l'essentiel de ce qu'ils connaissent déjà. La Switch 2 n'ajoute pas une nouvelle campagne ou un nouveau mode 2D : elle accueille avant tout une version techniquement améliorée de cette édition déjà très complète. Pour quelqu'un qui découvre le jeu, en revanche, difficile d'imaginer une version plus riche pour commencer l'aventure.
C'est surtout techniquement que cette nouvelle mouture apporte son intérêt. Sur Nintendo Switch 2, deux orientations sont disponibles : un mode qui privilégie les graphismes et un autre davantage tourné vers les performances. Le changement s'effectue immédiatement dans les options.
Le mode graphique offre une image particulièrement propre sur téléviseur 4K. Les personnages sont nets, les vêtements affichent de jolies textures et les environnements regorgent de petits éléments de décoration. Herbes animées par le vent, papillons, pluie, jeux d'ombres, reflets sur l'eau et éclairages contribuent à donner beaucoup de vie à l'ensemble.
Le mode Performance privilégie naturellement la fluidité, au prix d'une image légèrement moins précise. Nous avons notamment constaté davantage de flou et de pixellisation sur certains feuillages. Les deux possibilités permettent donc de choisir selon ses préférences.
Les temps de chargement se montrent également très courts et ne viennent que rarement interrompre l'aventure.
La mise en scène bénéficie toujours d'un bon travail de caméra, avec plusieurs changements de plans durant les séquences narratives. Les personnages ne restent pas simplement figés pendant leurs conversations : vêtements, cheveux et corps profitent de différentes petites animations.
Tout n'est cependant pas irréprochable. Le placement de caméra demande parfois quelques ajustements manuels et peut se révéler moins confortable dans certaines situations. À cheval, quelques passages étroits peuvent également conduire la monture à heurter facilement un mur ou un élément du décor. Nous avons enfin constaté que certains PNJ disparaissent à une certaine distance dans les espaces les plus larges avant de réapparaître lorsque l'on s'en rapproche.
Ces limites restent néanmoins relativement mineures face à la qualité générale de cette version.

Points forts
- Une aventure et une narration toujours aussi efficaces,
- La direction artistique immédiatement reconnaissable d'Akira Toriyama,
- Un JRPG au tour par tour particulièrement complet,
- Une très belle réalisation sur Nintendo Switch 2,
- Le choix entre priorité graphique et priorité aux performances,
- Une excellente présentation 3D,
- Un mode 2D rétro qui transforme réellement l'expérience,
- Les scénarios additionnels dédiés aux compagnons,
- Chronopolis et ses références aux anciens Dragon Quest,
- Les doublages anglais et japonais,
- Les textes intégralement en français,
- La bande-son orchestrale,
- Un mode Photo complet,
- Des temps de chargement très courts,
- Une quantité de contenu considérable !
Points faibles
- Le passage entre 2D et 3D est inutilement compliqué,
- Changer de représentation peut obliger à rejouer une portion de l'aventure,
- Quelques placements de caméra parfois maladroits,
- Le cheval peut manquer de précision dans certains passages étroits,
- Certains PNJ disparaissent à distance dans les environnements les plus vastes,
- Les combats restent très classiques pour les habitués du JRPG.
Conclusion
Note d'expérience : 17/20 + Label qualité
Dragon Quest XI S : Les Combattants de la destinée – Édition ultime reste plusieurs années après sa sortie une référence du JRPG traditionnel.
Son système de combat ne cherche pas à bouleverser les codes du genre, mais il s'appuie sur une formule éprouvée, une progression particulièrement riche et surtout une aventure capable de réserver de véritables rebondissements. La direction artistique héritée du travail d'Akira Toriyama, les environnements colorés, la bande-son orchestrale et les nombreux personnages donnent toujours beaucoup de personnalité au voyage de l'Éclairé à travers Elréa.
Pour ceux qui possèdent déjà Dragon Quest XI S, l'intérêt d'un nouvel achat dépendra donc essentiellement de leur volonté de profiter de cette amélioration technique.
Pour ceux qui n'ont encore jamais découvert l'aventure de l'Éclairé, cette Édition ultime sur Nintendo Switch 2 constitue en revanche une excellente occasion de découvrir l'un des JRPG les plus complets de sa génération.







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