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[TEST] Anno : Mutationem

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Le 10/05/2022

Développé par le studio Thinking Stars et édité par Lightning Games, Anno: Mutationem est sorti le 17 mars dernier sur PC, PS4 et PS5. Mis en lumière notamment par un trailer apparu lors du State of Play du 6 août 2020, ce jeu d’action-aventure a brillé par son esthétique cyberpunk tout en pixel-art. Après presque deux ans d'attente, ConsoleFun a enfin pu tester le titre, et vous en parle plus dans cet article !

 

 

Un univers authentique, mais une histoire au scénario confus

 

 

Anno: Mutationem nous fait incarner Ann Flores, dont l’aventure commence dans la ville de Skopp City. Véritable incarnation de l’imagerie qu’on prête au genre cyberpunk, le début du jeu nous donne à voir différents lieux et personnages desquels ressortent une forte identité. La direction artistique est ainsi le gros point fort du jeu, avec un pixel-art soigné et des environnements très riches en détails. Par ailleurs, le jeu est en 2,5D, avec une exploration qui se fait aussi bien sur un axe vertical qu’horizontal, et cet effet de profondeur donne beaucoup de cohérence aux designs des lieux.

 

Hormis Skopp City qui est plutôt illuminée, les lieux jouent d’ailleurs beaucoup avec les codes du cyberpunk, qu’il s’agisse de secteurs délaissés et sombres où seuls quelques sources de lumière viennent nous accompagner, mais aussi d’endroits que l’on visite de nuit et où les néons sont légions.


La ville de départ, Skopp City, montre déjà l’esthétique pleine de détails et tout en verticalité propre au genre.

 

Ces espaces regorgent d’interactions à découvrir : dialogues avec les PNJs, objets à ramasser, quêtes secondaires à accomplir… Le monde d’Anno est agréable à parcourir, et on prend plaisir à déambuler longuement avant de revenir sur l’histoire principale. Et si on ne peut que qu’apprécier les efforts réalisés en matière de direction artistique, il est d’autant plus déplorable de constater qu’Anno ne brille pas par la qualité de son écriture scénaristique…

 

En effet, l’histoire d’Anno: Mutationem se perd rapidement dans un fil narratif qui n’en finit plus. Alors qu’Ann Flores souffre d’une maladie et va porter une combinaison permettant d’analyser cette maladie pour la soigner, l’héroïne va se retrouver à rechercher son frère disparu, lui-même étant parti pour trouver un remède à la maladie de sa sœur. Rien de bien compliqué jusque-là, mais malheureusement, c’est bien là l’essentiel de ce qui vous fera avancer tout au long de la quinzaine d’heures nécessaire à finir le jeu.


L’effet de profondeur rend l’exploration plus cohérente et intéressante.

 

Plus concrètement, le problème d’écriture réside dans l’ambition scénaristique : alors que le titre veut évoquer de nombreux éléments, tels qu’un ancien conflit, un fléau, et différents efforts de recherche en faveur de l’humanité, tout cela gravite autour de nombreux textes disséminés çà et là dans des documents à lire au fil des décors parcourus. De même, le jeu dispose de tout un casting de personnages qui sont certes charismatiques, mais qui restent pour la grande majorité sous-exploités.

 

Hormis Ayane, la meilleure amie d’Ann qui nous suit tout au fil de l’aventure grâce à son hologramme projeté de temps en temps, les protagonistes et antagonistes manquent ainsi de développement, empêchant de créer de l’attachement et donc de l’enjeu. Dès lors, il est par exemple difficile de s’impliquer émotionnellement dans la recherche d’un frère que le jeu a à peine montré, surtout lorsque cette recherche dure quinze heures et que ce frère n’est développé qu’à travers des enregistrements audios…


Ayane se projette parfois sous forme d’hologramme grâce au drône qui vous suit partout, et se montre de bon conseil tout au long de votre périple.

 

Sans pour autant être décourageant ou ennuyeux, le scénario nous place alors en position de spectateur entre deux moments d’action, où l’on se laisse guider par les interventions plus ou moins cryptiques de tel ou tel personnage. Qu’on ne s’y trompe pas : un joueur faisant l’effort de lire chaque document disponible aura au final une bonne compréhension de l’univers d’Anno et des enjeux globaux, mais il ne s’y sentira pas forcément très lié malgré le rôle d’Ann Flores. Dernier point, la traduction française est parfois bancale : nous conseillons donc de faire le jeu en anglais.

 

 

Combats et progression : la balance parfaite

 

 

La combinaison qu’Ann porte pour analyser sa maladie lui permet aussi de déployer tous ses talents de mercenaire aguerrie. Ainsi, certaines zones en 2D sont l’occasion de sortir sa lame pour venir à bout de monstres, soldats ou autres petites frappes. Disposant d’une attaque rapide pour enchaîner les coups, d’une attaque lourde pour endommager les boucliers, d’une parade et d’une roulade pour esquiver, Ann se montre assez plaisante à contrôler, d’autant que les animations de combat sont soignées.


Certains ennemis ont un bouclier : les attaques lourdes sont là pour ça !

 

Les boss et mini-boss sont particulièrement bien mis en scène, et sont d’ailleurs l’occasion d’obtenir une des deux monnaies utiles à la progression. En effet, le jeu propose deux arbres de compétences : l’un utilise une monnaie classique obtenue sur tous les ennemis, et qui élargit l’éventail de coups et leur efficacité, tandis que l’autre monnaie ne s’obtient qu’en avançant dans l’histoire, et permet d’améliorer ses statistiques de base telles que le nombre de points de vie ou la place maximale de l’inventaire, très utile pour avoir de quoi se soigner en combat.

 

Cette distinction des arbres de compétences permet d’avoir un équilibre constant au fil du jeu, empêchant de devenir surpuissant en farmant les ennemis classiques. Et si quelques combats de boss peuvent faire monter le cardio lorsque la barre de points de vie tombe de moitié en un coup reçu, le jeu n’est jamais vraiment difficile.


Le jeu dispose de deux arbres de compétences, ce qui équilibre la difficulté.

 

A côté de ça, plusieurs options viennent agrémenter le système de combat. On peut ainsi crafter des armes avec les matériaux ramassés çà et là, améliorer une arme en lui équipant une ou plusieurs puces… De quoi modeler légèrement ses statistiques, mais rien qui ne soit pas oubliable, le système de combat se suffisant à lui-même.

  • JOUABILITÉ

    15

    Avec son système de combat simple mais efficace, Anno: Mutationem réussit à tenir en haleine et on prend plaisir à explorer son univers, cherchant à finir chacune des quêtes disponibles.

  • GRAPHISMES

    19

    Impeccable visuellement, Anno reprend l’esthétique cyberpunk avec un pixel-art soigné et des décors remplis de détails. La profondeur apportée par la 2,5D contribue grandement à la réussite du design des lieux.

  • BANDE SON

    14

    La bande son d’Anno: Mutationem accompagne avec brio les différentes séquences, avec une mention particulière pour Nocturne Maze, l’incroyable thème de boîte de nuit.

  • DURÉE DE VIE

    14

    Il faut compter une quinzaine d’heures pour finir le jeu, en prenant le temps d’explorer. On aurait toutefois aimé passer plus de temps dans cet univers, avec pourquoi pas quelques cinématiques supplémentaires pour donner plus de poids aux différents personnages.

  • SCÉNARIO

    12

    Relativement complexe, la trame globale risque d’en faire décrocher plus d’un, notamment à cause de la pauvreté de son écriture en ce qui concerne le développement des personnages et la mise en scène de la narration. A faire en anglais, la traduction française n’étant pas terrible.

    • Points positifs

      • La direction artistique
      • Des combats plaisants
      • L’équilibre constant entre les arbres de compétences
    • Points négatifs

      • La mise en scène de la narration, trop paresseuse
      • Un casting de personnages sous-exploité

    Conclusion

    A première vue, Anno: Mutationem a tout pour plaire. Avec ses graphismes somptueux, sa direction artistique soignée et intelligente, ainsi que son système de combat plaisant et réfléchi, le titre est à recommander à tout amateur de cyberpunk. Malheureusement, l’histoire se veut trop complexe comparé aux moyens accordés à la mise en scène, et risque ainsi de passer à la trappe pour certains, d’autant que la traduction française est parfois bancale. Qu’à cela ne tienne, Anno: Mutationem se montre plaisant manette en main, et passées la quinzaine d’heures nécessaire à finir le jeu, vous n’aurez qu’une envie : passer plus de temps dans cet univers, qui semble n’avoir montré qu’une si petite partie de son potentiel.

    14

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    Vesperia : Co-Responsable de la rubrique "Tests"

    Joueur de 22 ans, je tente de rattraper des années de culture vidéoludique pour comprendre le pourquoi du comment de chaque jeu. Ce qui me prend beaucoup de temps et me fait accumuler plus de retard encore. J'aime le jeu vidéo, tout simplement.

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